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<title>Un journal photographique</title>
<description>« Comme si tout à coup on retrouvait la connaissance de l'impossible qu'on avait à huit ans »</description>
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<lastBuildDate>Sat, 20 Jun 2009 18:37:01 +0200</lastBuildDate>
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<title>Nécessité du sommeil</title>
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<author>noreply@ ()</author>
<category>Dors, romancero gitan</category>
<pubDate>Thu, 18 Jun 2009 18:33:00 +0200</pubDate>
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<![CDATA[<div style="text-align: center;"><img src="http://photojournal.hautetfort.com/photos/02/00/887836638.JPG" alt="Nécessité du sommeil" /></div><p></p>]]>
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<title>oui d'accord restons vivants</title>
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<author>noreply@ ()</author>
<category>Cœurs</category>
<pubDate>Wed, 27 May 2009 23:47:00 +0200</pubDate>
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<![CDATA[<div style="text-align: center;"><img src="http://photojournal.hautetfort.com/photos/01/00/1193467055.JPG" alt="oui d'accord restons vivants" /></div> <p style="text-align: justify; padding-left: 30px;"><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;"><b>C'était le jour où elle rentrait à la maison, c'était après-demain et il y avait des fleurs et le silence des chevaux maintenant l'air était tiède et dans son sac les lettres écrites cheveux défaits</b></span> <b><span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;">les mains guéries elle portait ces habits ocres de la couleur du sable et racontait le commencement d'un vieux poème appris par coeur lorsqu'elle était enfant, juste avant les violences et elle pouvait chanter les paroles qu'on oublie d'une chanson démodée et elle riait en apportant encore des mots tellement usés que plus personne n'en voulait à part elle si petite madeline qui ramassait depuis l'enfance elle s'en souvient les mots cassés qui trainaient dans sa vie.</span> <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;">C'était demain le jour où elle rentrait à la maison et</span> <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;">la maison en devenait différente, musicale, habitée. Elle n'aimait plus qu'on jette les anciens mots à la poubelle, elle était contre l'idée d'abandonner les jouets déchiquetés, les chiens boiteux et les photographies quand elles s'effacent, elle avait peur que les éboueurs emportent un vieux trésor si fragile qu'il prendrait feu dans l'incinérateur sans rien produire qu'une fumée grise et la tristesse d'une très vieille dame.</span> <span style="font-family: tahoma,arial,helvetica,sans-serif;">Elle était contre l'idée d'abandonner quoi que ce soit. Elle apprenait dans la poussière les stratagèmes des mots fragiles et avait mis au point une technique pour rester vivants elle et moi, vivants malgré la peur et la télévision qui abimaient de force,&nbsp; vivants pour raconter des histoires vraies et préparer à manger aux enfants, vivants encore longtemps malgré la loi du vieillissement et de la mort obligatoire. C'était sa ruse à madeline et moi je disais oui d'accord restons vivants.</span></b></p> ]]>
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<title>Les filles du capitaine Corbeau noir</title>
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<author>noreply@ ()</author>
<category>Le pays où naîtra Maria Schrag, romance</category>
<pubDate>Mon, 06 Apr 2009 10:54:00 +0200</pubDate>
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<![CDATA[<div style="text-align: center;"><img src="http://photojournal.hautetfort.com/photos/00/00/931304628.JPG" alt="Les filles du capitaine Corbeau noir" /></div><p> <blockquote> <div style="text-align: justify;"><strong>Juste après l'aube regardez : la route est barrée, les voitures forcées de laisser le passage aux brebis.&nbsp;</strong><strong>Leur troupeau fume comme un fleuve à mille têtes dans la brume, résurgence des romans de Giono plus à l'Est, vitres ouvertes pour s'emparer de l'odeur animale avant que ne vienne le sommeil. C'est mon avant-dernière nuit de veilleur à l'hôtel.</strong></div> <div style="text-align: justify;"></div> <div style="text-align: justify;"></div> <div style="text-align: justify;"><strong>Moteur arrêté écoutez : la radio raconte les barricades à Strasbourg pendant qu'à l'ouest, les filles du capitaine Corbeau noir continuent leur sommeil. Un peu plus au nord sur la route elle aussi, la reine de tribu photographie un bateau échoué au milieu des hautes herbes.</strong></div> </blockquote> </p>]]>
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<title>La photographier elle</title>
<link>http://photojournal.hautetfort.com/archive/2009/04/03/je-te-cherche-encore.html</link>
<author>noreply@ ()</author>
<category>Le sentiment des choses, journal photographique</category>
<pubDate>Fri, 03 Apr 2009 17:07:00 +0200</pubDate>
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<![CDATA[<div style="text-align: center;"><img src="http://photojournal.hautetfort.com/photos/00/02/359010627.jpg" alt="La photographier elle" /></div> <p style="text-align: left;">Celle qui écrit, c'est celle que j'aime. C'est aussi simple.&nbsp;J'aime une&nbsp;femme qui écrit et de la lire&nbsp;ses mots m'entrouvrent :<em><br /></em></p> <p style="text-align: left;"><em>J'ai fermé les yeux. J'ai entendu les mots de Guillaume à Lou. C'est tout. Et l'accordéon qui pleure.<br /> <br /> et ce soir aussi, "le terrain de jeu du diable" de Nan Goldin. J'avais du mal à respirer. Comme là, maintenant. Je pense à cette phrase de Bohringer que je ne dirai pas exacte, elle est trop loin de moi et il est trop tard, il dit quelque chose comme "il y a des fois où je fais comme les poissons. J'ouvre grand la bouche pour respirer".<br /> Il faut que j'aille dormir. Et j'ai peur. "</em></p> <p style="text-align: left;"><em>Et puis en novembre 2007, le vingt-deux :</em></p> <p style="text-align: left;"><em>"les clefs d'une maison que je déserte pour venir clandestine me retrouver en toi - des carnets raturés d'une vie qu'on griffone parce qu'on avance dévorés par la peur de ne jamais la vivre vraiment - des papiers d'identité mais c'est toi qui me mets au monde je cache ce qu'on trimballe avec soi pour garder les pieds au sol croire qu'on peut encore aux yeux des autres donner le change et dire que tout va bien quand le sol s'effondre et qu'il n'y a plus, sous les ruines, que les ruines d'un hier désolé et glissant."</em></p> <p style="text-align: left;"><em>"j'ai fouillé hier soir pour retrouver le petit livre d'elle, L'usage de la vie, acheté le premier décembre 2001, ça devait être un samedi, j'achetais des livres aux bouquinistes du cours jean jaurès avant d'aller en vendre, des neufs et des chers dans des paquets cadeaux. la page 58 est cornée. je l'ai relu trois fois hier soir pour tenter de retrouver pourquoi elle est cornée. qu'est-ce que j'ai lu pour la corner ? je la relis trois fois et je ne sais pas. c'est un tout petit livre de toutes petites pages alors ça doit être ces mots-là mais ces mots-là six ans plus tard ne me font plus rien au ventre :</em> "A quinze ans, c'était mon chemin. Même s'il y avait l'école, la vraie vie, faire quelque chose de sa vie, le travail. Ces questions ont été repoussées. Ma quête était physique à quinze ans. Dix-huit ans, vingt ans, vingt-deux ans. Et puis j'ai mis ça de côté, j'ai voulu écrire."</p> <p style="text-align: left;">Je la retrouve le soir, la nuit souvent, des heures&nbsp;après l'avoir lue. C'est par les mots qu'elle écrit, je le sais, par ses mots&nbsp;que j'ai une chance d'approcher ce qu'elle veut,&nbsp;son attente immense&nbsp;qui s'est glissée en travers de sa voix. Je veux regarder mieux, encore apprendre, l'apprendre elle. La photographier elle, endormie nue dans le&nbsp;noir maintenant,&nbsp;pour avoir demain une image d'elle&nbsp;quand elle devra s'en aller.</p> <p style="text-align: left;">Le vingt-sept elle écrit :</p> <p style="text-align: left;"><em>"elle a près de cinq heures de route.<br /> à peine elle sortait du parking l'A7 au lieu de l'A9 elle se trompait déjà elle avait pas beaucoup mangé et le café tapait dans ses veines les mots qu'elle voulait lui dire cognaient aussi fort pas de musique dans cette voiture merdique alors elle chante, elle chante, elle chante le peu qu'elle connait par coeur, les chansons d'amour. que des chansons d'amour."</em></p> <p style="text-align: left;">Et le trente :&nbsp;</p> <p style="text-align: left;"><em>"Toi repose-toi.<br /> 21 heures à peine et c'est comme si minuit une bière et ça valse c'est ce vent qui rend fou vient empêcher le sommeil j'écris un mot en raye trois, j'écris tordu, je fouille, tente de poser, au calme, les mots sur les images. J'ai le bout de mes doigts qui s'ouvre, là, sous les ongles, gerçures et cicatrices des mains tristes sans caresses, tout à l'heure, j'ai crié, failli tomber de l'échelle et j'ai sauté, bousillé le pied gauche, lorsque la librairie a fermé, pas le courage d'écrire, rentrer, prendre les rues désertes à la place des artères, moi qui court sans cesse ce soir je boitais, vieillie, vidée.<br /></em><br /> <em>26 jours sans pleurer. je vais tracer, prisonnière, des carrés sur les murs blancs. 28 ans. Presque dix ans sans horizon rez-de-chaussées je passais ma main à travers les barreaux pour fermer les volets maintenant je monte quatre étages pour mon bout de ciel pour ma lune mais faudrait lever les yeux les brûler aux étoiles pour ne plus voir en face l'endroit où l'on a aimé."</em></p> <p style="text-align: left;">Et de la lire&nbsp;ses mots m'entrouvrent.</p> ]]>
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<title>Le nom de chaque visage</title>
<link>http://photojournal.hautetfort.com/archive/2009/03/27/le-nom-de-chaque-visage.html</link>
<author>noreply@ ()</author>
<category>Nous, les moins-que-rien, fils ainés de personne</category>
<pubDate>Fri, 27 Mar 2009 10:36:00 +0100</pubDate>
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<![CDATA[<div style="text-align: center;"><img src="http://photojournal.hautetfort.com/photos/01/01/948074603.jpg" alt="Le nom de chaque visage" /></div> <p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-weight: normal;"><strong>Il n'y avait pas de gare à Halabjah, pas de bus si l'on voulait se rendre à&nbsp;Kirkuk ou même jusqu'à&nbsp;Mosul ; c'était un cul-de-sac ; Avec à l'est la frontière Iranienne, si bien que la route n'allait pas plus loin que le bourg, comme si l'on avait fini par arriver au bout du monde. Mais quand même,</strong>&nbsp;<strong>j<span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-weight: normal;"><strong>'étais prêt à retourner là-bas prendre en photo les obstinés qui s'acharnaient dans les rues ;&nbsp;prêt à refaire le portrait, cinq ans après, de ceux qui étaient revenus pour y vivre, malgré la poussière et l'eau empoisonnées, malgré le nombre des tombes et des fosses communes qui avaient encerclé le village.</strong></span></span></strong></span></span></p> <p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-weight: normal;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-weight: normal;"><strong>J'avais noté les noms de chaque visage sur les</strong> <strong>anciens clichés, et je voulais découvrir maintenant ce qu'ils étaient devenus. Parce que ce sont nos frères. Si par miracle ils avaient trouvé la paix, celle qu'on peut éprouver en reconstruisant les murs d'une autre maison à partir des décombres de l'ancienne, ou bien s'ils continuaient d'errer de camp en camp au milieu des réfugiés, victimes presque sans forces et sans espoir, habitants d'un épicentre où les violences ne pouvaient pas cesser. Ils l'avaient appris sous les bombes, ils étaient Kurdes et en Irak c'était devenu pire qu'une malédiction, comme ils avaient appris ensuite que les frontières leur resteraient fermées, infranchissables avec femme et enfants.</strong></span></span></span></span></p> <p style="text-align: right;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-weight: normal;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-weight: normal;"><span style="font-family: Verdana, sans-serif;"><span style="font-weight: normal;"><a href="http://www.smague.fr/sets/Irak/index.htm"><strong>Photo Emmanuel Smague</strong></a>&nbsp;<strong>: The martyred city of Halabjah</strong></span></span></span></span></span></span></p> ]]>
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<title>D'anciennes images</title>
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<author>noreply@ ()</author>
<category>Ce pouvoir qu'ont les photos de raconter</category>
<pubDate>Fri, 27 Mar 2009 09:44:18 +0100</pubDate>
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<![CDATA[<div style="text-align: center;"><img src="http://photojournal.hautetfort.com/photos/01/00/917575436.jpg" alt="D'anciennes images" /></div> <p style="text-align: justify;"><strong>Je ne sais pourquoi les images photographiques ont pris cette importance à mes yeux. Elles forment un matériau éparpillé, les mille et une&nbsp;résurgences d'une existence heurtée,&nbsp;et à la fin ce&nbsp;long récit photographique dont je&nbsp;cherche à&nbsp;rassembler les fragments.&nbsp; Je n'apprends qu'en regardant, en regardant le plus longtemps possible.</strong> <strong>Je me rends compte à quel point&nbsp;les photos ont ce&nbsp;pouvoir de&nbsp;raconter nos histoires, d'en capturer ce que les mots sinon pourraient passer sous silence.&nbsp;Si bien qu'élucider&nbsp;le mystère photographique devient peu à peu une obsession.</strong></p> <p style="text-align: justify;"><strong>Alors je cherche, à l'intérieur des fichiers des photos presque oubliées. Photos des visages et&nbsp;des jeux de l'enfance, des journées comme les autres où s'inscrivaient les habitudes quotidiennes. Je cherche dans les regards et les gestes des mains ce qu'on ne pense&nbsp;pas à écrire dans&nbsp;une lettre. &nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;"><strong>Hier soir, j'ai&nbsp;collé certaines de ces images sur les pages d'un album. Ensemble, elles forment une mémoire en forme de cheminement à travers les années. Des enfants jouent et je les regarde jouer, puis je pose l'appareil photo et dans leurs jeux je&nbsp;redeviens comme eux, un explorateur ou un super-héros qui n'a pas d'autre moyen que ces jeux pour oublier juste un peu l'obsession des images.</strong></p> <p style="text-align: justify;"><strong>Hier soir encore, Théo m'écrit que son appareil photo est cassé. Et qu'il a recopié, au tableau noir de sa classe, deux phrases de Lautréamont que je venais de lui envoyer, à propos des mathématiques comme une consolation. De ces mots écrits à la craie il n'y aura&nbsp;donc aucune&nbsp;image. Est-ce cela que cherchent les peintres, et qu'ils nomment depuis&nbsp;Gasiorowski <em>l'image manquante</em> ?&nbsp;Ou bien serait-ce&nbsp;<em>l'image fantôme</em> que racontent les romans d'Hervé Guibert ? Et revient l'ancienne et&nbsp;maladive obsession des images.</strong></p> ]]>
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<title>Un visage en fétiche</title>
<link>http://photojournal.hautetfort.com/archive/2009/03/12/trafic.html</link>
<author>noreply@ ()</author>
<category>Le sentiment des choses, journal photographique</category>
<pubDate>Thu, 12 Mar 2009 15:54:53 +0100</pubDate>
<description>
<![CDATA[<div style="text-align: center;"><img src="http://photojournal.hautetfort.com/photos/00/01/401051068.JPG" alt="Un visage en fétiche" /></div> <p style="text-align: justify;"><strong>Photographier la femme que j'aime comme on photographie une inconnue, en lui inventant tous les fragments d'une existence bribe après bribe, en lui fabriquant un prénom qui n'existait pas encore avant elle. Et puis questionner les images, obstiné,&nbsp;pour y chercher longtemps le code secret du sentiment amoureux.&nbsp;A force&nbsp;le regard devient double : l'un tente de disséquer le trouble&nbsp;qui persiste face aux images fétiches, alors&nbsp;que l'autre se cogne et s'amourache,&nbsp;interminable empoignade&nbsp;où la passion qui&nbsp;m'aveugle ne fait jamais qu'empirer.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong></p> <p style="text-align: justify;"><strong>On est dans l'invention d'une histoire, dans le fantasme écrit et raturé en permanence. Ici&nbsp;la narration ne prend pas la parole amoureuse d'un amant, elle garde au contraire cette voix mentale qui semble sourdre des images, s'échapper&nbsp;par la creusée des couleurs pour façonner une langue traduite avec les yeux. Une langue murmurée à partir des paupières pour raconter la matérialisation d'un visage en fétiche.</strong></p> ]]>
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