oui d'accord restons vivants

mercredi, 27 mai 2009 | oui d'accord restons vivants

C'était le jour où elle rentrait à la maison, c'était après-demain et il y avait des fleurs et le silence des chevaux maintenant l'air était tiède et dans son sac les lettres écrites cheveux défaits les mains guéries elle portait ces habits ocres de la couleur du sable et racontait le commencement d'un vieux poème appris par coeur lorsqu'elle était enfant, juste avant les violences et elle pouvait chanter les paroles qu'on oublie d'une chanson démodée et elle riait en apportant encore des mots tellement usés que plus personne n'en voulait à part elle si petite madeline qui ramassait depuis l'enfance elle s'en souvient les mots cassés qui trainaient dans sa vie. C'était demain le jour où elle rentrait à la maison et la maison en devenait différente, musicale, habitée. Elle n'aimait plus qu'on jette les anciens mots à la poubelle, elle était contre l'idée d'abandonner les jouets déchiquetés, les chiens boiteux et les photographies quand elles s'effacent, elle avait peur que les éboueurs emportent un vieux trésor si fragile qu'il prendrait feu dans l'incinérateur sans rien produire qu'une fumée grise et la tristesse d'une très vieille dame. Elle était contre l'idée d'abandonner quoi que ce soit. Elle apprenait dans la poussière les stratagèmes des mots fragiles et avait mis au point une technique pour rester vivants elle et moi, vivants malgré la peur et la télévision qui abimaient de force,  vivants pour raconter des histoires vraies et préparer à manger aux enfants, vivants encore longtemps malgré la loi du vieillissement et de la mort obligatoire. C'était sa ruse à madeline et moi je disais oui d'accord restons vivants.

23:47 Publié dans Cœurs | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Qui es-tu, OEIL ?

Ecrit par : AR | mardi, 06 octobre 2009

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