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Un visage en fétiche

jeudi, 12 mars 2009 | Un visage en fétiche

Photographier la femme que j'aime comme on photographie une inconnue, en lui inventant tous les fragments d'une existence bribe après bribe, en lui fabriquant un prénom qui n'existait pas encore avant elle. Et puis questionner les images, obstiné, pour y chercher longtemps le code secret du sentiment amoureux. A force le regard devient double : l'un tente de disséquer le trouble qui persiste face aux images fétiches, alors que l'autre se cogne et s'amourache, interminable empoignade où la passion qui m'aveugle ne fait jamais qu'empirer.   

On est dans l'invention d'une histoire, dans le fantasme écrit et raturé en permanence. Ici la narration ne prend pas la parole amoureuse d'un amant, elle garde au contraire cette voix mentale qui semble sourdre des images, s'échapper par la creusée des couleurs pour façonner une langue traduite avec les yeux. Une langue murmurée à partir des paupières pour raconter la matérialisation d'un visage en fétiche.

15:54 Publié dans Le sentiment des choses, journal photographique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : photo, littérature, photographie, récit, photolittérature

Commentaires

Bonjour, ce matin je lis un passage des "Carnets" d'Hubert Nyssen qui vous a rencontré, et puis ensuite je vois "Louve basse" sur le bord de votre photographie. Cordialement, A.P

Écrit par : alain Paire | jeudi, 26 mars 2009

Louve basse : alors ce livre aurait encore des lecteurs ? Le chemin de Denis Roche, du temps du poème au temps de la photographie est une exploration qui me passionne, forcément.

Quant à Hubert Nyssen, nous qui venons faire des livres à Arles après avoir travaillé trois ans dans une grange, sur le causse du Quercy, il était forcé que son aventure nous servirait de repère et, pourquoi pas, de boussole. La rencontre était d'emblée passionnante, oui, pleine d'échos et de résurgences. C'est le moment d'explorer. Et à Aix, votre galerie semble mener un beau travail. L'amour de la peinture nous poussera forcément, un jour ou l'autre, à vous y rendre visite.
T.

Écrit par : Tieri Briet | vendredi, 27 mars 2009

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