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— Seuls ceux que j’aime, seuls ceux que j’aime, écoutez !

dimanche, 08 mars 2009 | — Seuls ceux que j’aime, seuls ceux que j’aime, écoutez !

Des détenus enfermés au secret, éliminés l’un après l’autre par les mauvais traitements, condamnés à la dégradation progressive et à la folie, utilisent la parole poétique pour transformer le réel et tenter d’en faire quelque chose de supportable. Dans la solitude, avec pour armes le murmure, les râles d’agonie et les coups de poing sur les portes de fer, des hommes et des femmes construisent un monde parallèle. À chaque heure du jour et de la nuit, chacun apporte sa contribution à l’édifice. Ce sont des gens qui n’ont pas rompu avec les convictions de leur jeunesse, ce sont des gens qui ne renient rien, qui se refusent à imaginer un reniement ou un repentir. Ce sont aussi des gens qui ont une riche expérience de l’action. Ils se sont inscrits dans une tradition révolutionnaire militaire qui prend ses racines un siècle plus tôt, avec les assassinats terroristes et les attentats kamikazes anti-tsaristes des populistes russes. Et même si ces détenus écrivains et poètes ont expérimenté l’impasse des actions armées, ils en conservent la nostalgie, et ils n’attribuent pas à la parole une valeur très positive.

17:50 Publié dans Bassmann appelle Tassili, féérie anonyme | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photo, littérature, photographie, récit, photolittérature

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